dimanche 15 novembre 2009

19/11/09: l'euthanasie légalisée?


Jeudi 19 Novembre, l’Assemblée Nationale examinera une proposition de loi relative au «droit de finir sa vie dans la dignité » déjà signée par 120 députés socialistes.

Tout le groupe PS de l’Assemblée est en ordre de bataille …et pour une fois les députés « éclairés » n’ont pas attendu une « affaire » déchaînant les passions pour réclamer « l’ultime liberté » à savoir la légalisation de l’euthanasie.

Aussi, pour ne pas choquer l’opinion, ils ne proposeront cette fois qu’une «aide active à mourir », sous certaines conditions :
- « une personne majeure »
en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable ».

Officiellement l’UMP est opposée au texte Ayrault-Vals-Fabius mais la solidarité parlementaire n’existe pas pour les questions de société. Les socialistes ont déjà fait des émules à droite et une dizaine de députés de la majorité présidentielle (i.e.Olivier Dassault, Patrice Debray, Alain Ferry, Philippe Armand Martin, Christophe Priou, Didier Quentin, Françis Saint-Léger et Bruno Sandras, André Wojciechowski) proposeront leur propre texte pro-mort.

Avant même que ce débat ne débute, certains protagonistes concèdent que la proposition n'a aucune chance d'aboutir. Mais il faut rester prudent : une importante et combative présence socialiste est attendue dans l’hémicycle. Face à un groupe majoritaire divisé et absentéiste, le PS peut espérer passer en force comme au printemps dernier pour le projet de loi HADOPI.

Euthanasie : le bouleversant témoignage de Pierre Panis

Né en 1952, marié en 1977, viticulteur-arboriculteur de profession, hyper dynamique de nature, je vivais heureux et croquais la vie à pleines dents. Un jour, vers la fin de l'année 1985, j'avais 33
ans, j'ai commencé à être gêné pour utiliser un tournevis. Six mois après j'étais en fauteuil roulant et, trois ans après, ne pouvant plus tenir ma tête, j'optais pour le lit... que je n'ai plus quitté depuis ce jour. Aujourd'hui, je suis entièrement paralysé, trachéotomisé, branché à un appareil respiratoire et ne peux désormais remuer que les yeux.

Cette maladie, appelée "Sclérose latérale amyotrophique" (S.L.A.) ou "maladie de Charcot" entraîne une dégénérescence inexorable de tous les muscles et conduit rapidement le malade à une dépendance totale.
Par bonheur, je possède un ordinateur équipé d'un logiciel spécial qui me permet d'écrire avec les yeux. C'est grâce à cet équipement que je peux vous écrire aujourd'hui.


Le premier moment d'abattement passé, je me suis tourné vers le Ciel et j'ai demandé : pourquoi moi ? ? ?
Mon sort me paraissait injuste ; il y a tant de chômeurs professionnels... Tant d'individus sans foi ni loi... Pourquoi moi ? Je voulais comprendre... et j'ai compris ! J'ai compris qu'il m'avait fallu cette maladie pour me rendre compte que, comme beaucoup de monde, je me mettais la conscience tranquille en allant à la messe le dimanche mais qu'en fait, j'étais très loin de suivre la route du Seigneur.


Aujourd'hui, je suis entièrement paralysé, je ne peux remuer que les yeux mais je suis heureux :
- heureux de marcher à nouveau sur la route d u Seigneur ,
- heureux de vivre enfin en conformi t é a v e c mon idéal ,
- heureux d'être modestement utile à mon Dieu.

Issu d'une vieille famille terrienne, catholique et pratiquante, ayant toujours eu la Foi, à l’annonce de ma maladie, je me suis jeté en elle avec le désespoir et la frénésie d'un naufragé sur une bouée de sauvetage... Malgré l'extrême douleur des premières années: le désarroi dure tant que dure la descente aux enfers, j'ai maintenu ma confiance en Dieu…
La descente dure tant qu'il reste des muscles à immobiliser, à paralyser.
A partir de là, quand on a touché le fond, quand la maladie ne trouve plus de quoi alimenter son
appétit destructeur, on entre dans ce que nos éminents spécialistes appellent la phase terminale. Il y a 17 ans que je suis en phase terminale, je m'y suis habitué et, au risque de vous surprendre, ma joie de vivre balayant ou occultant tous les inconvénients et contraintes liés à mon état, je suis heureux !

J'ai les idées bien en place et aucune envie de me plaindre ! Oserai-je dire : au contraire !...Car
cette maladie est, pour moi, une sanctification forcée… Gloire à Dieu !
Réaction au malheur incompréhensible pour la plupart, mais Dieu remplit ma vie et je ne manque de rien. Le bonheur serait il subjectif et totalement indépendant de toute jouissance humaine ? Je laisse à chacun le soin de méditer cette pensée qui est une approche directe de
l'influence permanente de Dieu dans nos vies, par une action à la fois permanente et imperceptible sur notre coeur, notre ressenti et nos évidences fondamentales...

Oui, la souffrance existe, aussi bien physique que morale mais il est écrit dans la Bible : Matthieu 11, 28-30 « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai. Chargez vous de mon joug et mettez-vous à mon école, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger."
Je suis là pour en témoigner !... J'ai, bien souvent, remonté le moral de gardes-malades désespérées pour des peines légères et passagères mais j'ai moi-même rarement perdu le moral et je n'ai jamais perdu l'espoir parce que je n'ai jamais douté de l’Amour de Dieu.
Comment penser à l'euthanasie quand on a Dieu dans le coeur et quand aucune souffrance ne peut altérer notre confiance en Lui...

Les « sans Dieu » sont à plaindre car ils ne connaissent pas l'incommensurable bonheur de se sentir aimé de Dieu, ils ne peuvent pas imaginer le secours bien réel dont bénéficient les amis de Dieu dans l'épreuve. Quand l'enfer se déchaîne contre nous, nous savons qu'il ne s'agit que d'une épreuve supplémentaire, destinée à tester notre Foi et notre confiance envers le Tout-Puissant, Créateur de tout ce qui est…
Il faut savoir que nous avons été créés par un débordement de l’Amour Infini de Dieu et que toutes nos souffrances sont nécessaires à notre purification, pour la préparation de notre éternité bienheureuse dans la Gloire de Dieu.

Oui, quand l'enfer se déchaîne contre nous, nous accentuons notre prière, nous implorons le Ciel et nous gardons confiance... alors que les « sans Dieu », dans la même situation, désespèrent, appellent la mort et revendiquent le droit à mourir. Ils appellent ça « mourir dans la dignité » ! Ne s'agit il pas plutôt de désespoir et de lâcheté ? Ce qui est grave, parce qu'irréversible, c'est qu'ils refusent la Volonté Divine qui est Lumière et se précipitent dans la mort qui est ténèbres.
Dieu respectera leur choix, leur libre arbitre, et les laissera aller dans les ténèbres éternelles puisque telle est leur volonté, libre et délibérée.

Alors que celui qui accepte et offre sa souffrance se met en phase avec la Volonté divine parce qu'il fait preuve d’humilité, d’obéissance, de soumission, de confiance et d’amour envers notre Créateur et Rédempteur. La souffrance acceptée et offerte purifie notre âme, constitue une protection contre l'enfer et fait office de sauf-conduit pour le purgatoire dont elle peut réduire sensiblement la durée. L'euthanasie est donc criminelle à double titre : pour le temps et pour l'éternité. Par son refus radical de la Volonté Divine elle est un billet pour l'enfer.

Il en est de même pour l'avortement. La culpabilité de l'avorteuse est même bien pire car, pour un confort égoïste, elle ôte la vie à son propre enfant qui possède déjà une âme immortelle et vivra donc éternellement dans le Ciel en qualité de martyr de sa propre mère. Mais il est important de savoir que Dieu pardonne au pire des criminels qui implore son pardon avec un repentir sincère. Chacun peut donc décider de revenir à Dieu à tout moment mais, en nos temps troublés, il serait quand même prudent de ne pas attendre.

En conclusion, qu'importe notre vie actuelle, offrons la joyeusement à la divine Justice, soyons des amis fidèles de notre Dieu d'amour et de miséricorde, des esclaves de l'Amour, car nous savons que nous passerons l'éternité dans sa Gloire et que la vision béatifique chavirera perpétuellement notre coeur dans le ravissement et dans l'extase.

Source: Pierre Panis publié dans le bulletin de la paroisse du Prieuré Saint-Louis (Nantes) "l'Hermine" n°15

samedi 14 novembre 2009

intox: 45 % de catholiques pratiquants favorables à l’euthanasie



Jeudi 24 Septembre 2009, Libération a publié un sondage hallucinant: aujourd'hui 45% des catholiques pratiquants seraient favorables à l'euthanasie (contre 75% pour l'ensemble des Français)...Il faut dire que ce "sondage" a été réalisé par l'institut BVA pou
r l’Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD), qui milite pour le droit à une assistance médicalisée pour mourir!
Source: site de l'archevêché de Paris (http://catholique-paris.cef.fr/115-45-de-catholiques-pratiquants.html)

Lyon: abréger les souffrances est un crime...même pour une mère

La Cour de Cassation de Lyon a condamné vendredi 16 octobre 2009 une femme de 52 ans pour avoir étouffé sa mère grabataire sous une couverture en mai 2005. Josiane Humbert a écopé de 8 ans de prison ferme pour "meurtre avec préméditation", son époux, Guy Humbert à 2 ans de prison avec sursis pour "s'être abstenu volontairement d'empêcher sa femme" de commettre ce crime. Celle-ci s'occupait depuis de nombreuses années de sa mère, atteinte d'une sclérose en plaques.

Source: Le Monde 16/10/09 - 19/10/09

Royaume-Uni: bientôt les proches pourront rendre ce « service » en toute légalité ...


Suite aux recours déposés par Debbie Purdy, le responsable des poursuites judiciaires, Keir Starmer, a émis mercredi 23 septembre de nouvelles directives sur le suicide assisté. Si l'euthanasie reste interdite en Grande-Bretagne, les proches d'un malade qui voudrait se donner la mort, dans son pays ou à l'étranger, ne seront plus poursuivis pour l'avoir aidé ou accompagné. Le Suicide Act de 1961 prévoyait pour ce délit une peine de quatorze ans de prison.

La justice tolérera donc le suicide assisté aux conditions suivantes : si le défunt a émis un "souhait clair, définitif et informé de se suicider", s'il souffre d'une "maladie incurable" ou en phase terminale, et s'il a "pris l'initiative" de demander l'aide d'un parent ou d'un ami intime. Ce dernier ne pourra lui rendre ce "service" en toute légalité que s'il est "entièrement motivé par la compassion" et que son concourt se limite "à une aide ou influence mineure". En tous les cas, il n'existe "aucune garantie de ne pas être poursuivi", a insisté Keir Starmer.

L'association Dignity in Dying se réjouit de cette "avancée importante pour un plus grand choix des patients". Elle souhaite pourtant que le Parlement légifère sur la question. La Law Society of England and Wales, qui rassemble 110 000 avocats, a émis la même demande.

source: Le Monde (Virginie Malingre) 26/09/09

Euthanasie aux Pays-Bas : mise en garde des Nations-Unies et inquiétude grandissante des seniors


Lors de sa 96ème session, qui s'est tenue à Genève du 13 au 31 juillet 2009, le Comité des droits de l'Homme de l'ONU a mis en garde les Pays-Bas pour son "taux élevé de cas d'euthanasie et de suicide assisté". Les membres du Comité s'inquiètent notamment que "la loi permette à un médecin d'autoriser de mettre fin à la vie d'un patient sans recourir à l'avis d'un juge" et que "le deuxième avis médical requis puisse être obtenu au travers d'une ligne téléphonique d'urgence" (cf. Lettre mensuelle Gènéthique de juin 2009).

C'est la commission parlementaire française dirigée par le député Jean Leonetti qui a alerté l'ONU. En effet, lors du travail d'évaluation de la loi du 22 avril 2005 relative à la fin de vie, mené en 2008, la commission avait été se rendre compte sur place de la réalité des pratiques hollandaises en matière d'euthanasie. On a ainsi appris que la justice hollandaise ne requiert plus que deux critères pour valider la procédure d'euthanasie : le consentement du malade et la présence de souffrance irrémissible, critères somme toute bien subjectifs si l'on considère que jamais un médecin ne rédigera un rapport en admettant soit que le malade qu'il a euthanasié ne souffrait pas soit qu'il ne lui avait rien demandé. Jean Leonetti en avait conclu : "Cette législation consacre un nouveau pouvoir médical". Le médecin endosse en effet simultanément les fonctions d'expertise, de décision et d'exécution de la sentence.

Par ailleurs, depuis l'entrée en vigueur de la loi, aucune poursuite pénale n'a été exercée à l'encontre d'un médecin. Vingt-quatre cas litigieux ont en tout et pour tout fait l'objet d'une transmission par les commissions de contrôle au Collège des procureurs généraux. Jean Leonetti, là aussi, s'était inquiété : "L'absence totale de saisine judiciaire amène à s'interroger sur la réalité du contrôle a posteriori effectué : soit on est en présence d'un professionnalisme exceptionnel [...] soit on est conduit à avoir des doutes sur la réalité de ce contrôle". En 2007, on a dénombré 2120 euthanasies aux Pays-Bas. Ce que les statistiques ne disent pas, c'est la persistance d'euthanasies clandestines : une étude néerlandaise estime que 20% des euthanasies seraient cachées. Les pouvoirs publics évaluent à 3600 le nombre véritable des euthanasies.

On constate également que la généralisation de la pratique euthanasique a mené à un véritable exil de la population âgée en Allemagne. C'est là aussi la mission parlementaire française qui fait état de cette information, précisant que dans le Land frontalier de Rhénanie du Nord-Westphalie, se sont ouverts "des établissements pour personnes âgées accueillant des Néerlandais [...] Ces personnes craignent en effet que leur entourage ne profite de leur vulnérabilité pour abréger leur vie. N'ayant plus totalement confiance dans les praticiens hollandais, soit elles s'adressent à des médecins allemands, soit elles s'installent en Allemagne. De telles réactions dont la presse allemande s'est fait l'écho démontrent que les pratiques médicales hollandaises sont mal vécues par une partie de la population".


source: Liberté politique (Pierre-Olivier Arduin) 25/09/09